Qu’est ce qui différencie un bon manager d’un mauvais manager ?

Si l’harmonie des relations humaines dépend exclusivement de la moralité de chacun, ce postulat trouve parfaitement sa dimension dans la question du management. Dans la sphère privée comme publique, tout est relatif aux valeurs morales : honnêteté, humilité, empathie, bienveillance, solidarité voire altruisme et intégrité.

Si devenir un bon manager ne s’improvise pas, avoir des valeurs morales est au pire la base indispensable pour exercer le métier, au mieux la garantie certaine de son succès. En bref, et comme le dit si bien Gaël Chatelain à travers son brillant ouvrage « Mon boss est nul mais je le soigne », être un bon manager est essentiellement inné. N’en déplaise aux adeptes du « management qui s’apprend », on ne fait pas d’un âne un cheval de course. Car ce n’est pas tant le management qui est complexe, mais toute la dimension humaine qui en est l’essence et le principal composant (l’aspect technique ne devant pas être négligé).

Un bon manager est d’abord quelqu’un d’humble, qui n’abuse pas de son pouvoir ni de son autorité. Quelqu’un qui sache tirer ses subordonnés vers le haut, en cernant avec discernement leurs qualités, leurs compétences, leurs potentialités et tout ce qui fait leur singularité. Un bon manager sait composer une équipe complémentaire en répartissant les tâches de manière optimale, et en développant des synergies. Il fixe et explique des objectifs clairs et ambitieux (« vise la lune, tu atteindras les étoiles », comme le rappelle Oscar Wilde). Il cherche constamment à tirer le meilleur parti de ses employés et réalise des feedbacks objectifs (points positifs / axes d’amélioration). Il communique avec respect, transparence et sincérité. Il encourage plutôt que critique, propose plutôt qu’impose. Il comprend avant de sanctionner et gratifie sans favoritisme, dans un souci constant d’éthique, de justice et d’équité. Il sait déléguer, responsabiliser et motiver. Il développe l’autonomie, l’esprit d’initiative et la créativité de ses équipes par des énergies positives et un management par la confiance (voire par l’absence, comme le suggère très intelligemment Yvon Chouinard dans son ouvrage « Homme d’affaires malgré moi »). Il a le sens de la diplomatie, du consensus et du compromis, notamment pour veiller à la paix sociale. Il n’est pas le rapporteur mais le porte-parole de son équipe auprès de la direction. Il relègue ses ambitions personnelles au second plan pour mieux s’attarder à la performance et à la satisfaction des parties prenantes (employés, clients, tiers).

Un bon manager, si tant est qu’il ne le soit pas devenu par cooptation, complaisance, opportunisme et hypocrisie (comme le veut la culture corporate française), se doit également et avant tout d’être un technicien modèle. Sans que son portefeuille de compétences ne soit nécessairement supérieur à tous ses N-1, il a la responsabilité de prendre le relai lorsque l’un de ses employés rencontre une difficulté. Il doit savoir prendre des décisions avec lucidité (et parfois réactivité) et aligner les objectifs de l’ensemble des parties prenantes. Dans un rôle de formateur, il doit enfin transmettre autant que possible ses compétences et son savoir-faire à ses futurs successeurs potentiels.

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